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Editorial : Connaissez-vous le vin de tomates ?
Depuis 2009, dans le massif de Charlevoix, un québécois produit un vin hors de l’ordinaire et unique
au monde : un vin à partir de tomates. Pascal Miche a planté 6200 plants de tomates pour une production de
34 000 bouteilles aujourd’hui de son vin. La recette aurait été mise au point par son arrière-grand-père,
Omer dans les années trente, d’où le nom de son vin baptisé Omerto.
Pascal Miche choisit tout
aussi minutieusement ses tomates, comme un vigneron choisirait ses raisins, ensuite, il leur fait subir un traitement similaire
: concassage, vinification, macération, pressage. Pour donner le nom de vin à son élixir, Pascal Miche
a d’abord dû prouver aux autorités locales que la tomate est un fruit, il est remonté jusqu’au
XVe siècle afin de retracer les différentes variétés de tomates. La science lui a donné raison
: puisque la tomate contient des graines de plantes, elle fait partie des fruits, c’est son emploi en tant que légume
dans nos cuisines qui est source d’ambiguïté encore aujourd’hui. Pourtant aux Etats-Unis, la cour
supérieure a tranché en 1893 que la tomate est un légume.
Il a ensuite testé seize espèces
pour ne garder que les six qui s’adaptaient le mieux au climat extrême du Québec et à l’altitude.
Des tomates rouges de la variété subarctique, jaunes et noires black cherry, choisies aussi par leur rendement
et leurs qualités gustatives.
Du champ à la bouteille, la transformation de la tomate en vin prend environ
neuf mois avant de donner un liquide clair doré à 18% d’alcool, plus de trace de la tomate dans le
produit final, pas même au goût, on trouve des notes de fruits, des épices et un côté un
peu miellé.
Ses plants de tomates sont arrivés à maturité mi-août. C’est sa troisième
récolte destinée à produire ce qui peut porter le nom de « vin » en Amérique du
Nord, mais qui devrait se choisir une autre appellation s’il était commercialisé en France où seul
le vin peut être vinifié. Il produit deux types de vin : un sec et un moelleux, les deux qui font penser à un
pineau des Charentes. Vendu pour l’instant aux alentours de vingt euros la bouteille de 375 ml dans quelques points
de vente au Québec.
Guy