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Editorial : La crise selon Robert Parker, Michel Rolland, Pascal Kuzniewski et autres experts….
En prenant connaissance de l’actualité du vin, notamment à propos des primeurs 2011, suite aux dégustations
de Bordeaux qui se sont tenues du 2 au 6 avril dernier, cela me fait parfois penser à l’actualité financière
(on ne se refait pas !).
Il suffit de quelques propos relayés par les médias, presse mais surtout Internet, et le tour est joué :
Parker n’a-t-il pas dit, en parlant du millésime 2011 des Bordeaux : « Ce millésime
est sans intérêt, si mon intuition est bonne….Les vins présentent de belles couleurs, une belle
dimension olfactive et de belles attaques mais ils sont souvent décevants en milieu de bouche et en finale ».
Rien que cela et la tempête commerciale se lève sur le marché bordelais. Les chinois se retirent :
un acheteur vient de décliner un achat de 15 millions d’euros de primeurs ! Le marché chinois
se retirant, le marché européen ne suffira pas à atténuer ce ralentissement. Mais qu’en
est-il du marché américain, cher à Parker : il est en attente des notes de ce dernier, mais rien
n’a encore filtré. Les grands Châteaux bordelais sont impatients ! « Le 2011 se goûte
pas cher » dit Michel Rolland qui traduit à sa façon la pensée de son ami américain.
Tout aussi surprenant, ce qui concerne la Bourgogne : « La flambée des prix des grands crus renvoie
une image de prestige mais aussi d’inaccessibilité. Tout est en place pour qu’après s’être
rués sur les bordeaux, les chinois se passionnent pour les grands vins de bourgogne » dit Pascal Kuzniewski,
expert en vins auprès des commissaires priseurs. ! D’ailleurs une caisse de La Tâche 1990 vient
d’être vendue l’équivalent de 50 000 €.
Mais je m’interroge sur les effets de ces annonces : qu’en est-il des Châteaux et autres Domaines
aux noms moins prestigieux que ces quelques unités qui, par l’intermédiaires de professionnels très
intéressés par le profit, font la pluie et le beau temps sur ce marché ? Nous savons, nous autres
amateurs qu’il y a plein de belles et bonnes choses. Ces richissimes acheteurs américains, russes ou chinois
sont-ils d’ailleurs des vrais amateurs de vin : j’en doute. Amateurs d’étiquettes sans doute,
de m’as-tu vu sûrement.
Un souhait : quand ces intermédiaires se soucieront-ils vraiment des consommateurs que nous sommes ? Ce n’est
sans doute pas pour demain ! C’est pourquoi je rêve d’une vraie crise dans ce monde du vin, afin
que nous retrouvions aussi dans ce domaine, des valeurs plus proches de nos moyens. Malheureusement, même si nous
souhaitons le changement, les élections n’existent pas en ce domaine !
Heureusement nous autres Français, avons un atout majeur : les vins français sont donc bien les meilleurs,
même s’il existe de nombreux et excellents produits dans le monde. Alors profitons en maintenant et sachons
apprécier ce qui est à notre portée. Chaque année, sans trop nous préoccuper de l’effet
millésime, nous goûtons et apprécions tous ces nectars, mais aussi le travail qui a été nécessaire,
ainsi que la convivialité et le partage qu’ils génèrent à notre niveau. Et je suis
sûr que cela durera encore longtemps, et si crise il y a, celle là nous sera bénéfique.
Rémy